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AI Act : le calendrier vient de changer, ce qui s’applique vraiment en 2026

Le calendrier de l’AI Act a changé le 27 juillet 2026. Un règlement européen de simplification, entré en vigueur ce jour-là, repousse de seize mois le gros des obligations qui devaient tomber le 2 août 2026. Mais une échéance tient bon, dans quelques jours, et c’est justement celle qui concerne le plus d’entreprises ordinaires. Si vous aviez calé votre préparation sur « le 2 août », il faut la recaler, dans les deux sens.

Qu’est-ce qui a changé exactement ?

L’Union a adopté un texte qui réécrit le calendrier d’application de l’AI Act. Les obligations qui pèsent sur les systèmes dits à haut risque, celles qui font le gros du règlement, passent du 2 août 2026 au 2 décembre 2027. Pour l’IA intégrée dans des produits déjà réglementés, machines, dispositifs médicaux, ascenseurs, l’échéance glisse au 2 août 2028.

Ce sont ces obligations-là qui demandent le vrai travail de fond : gouvernance des données, journalisation, supervision humaine, documentation technique. Elles ne disparaissent pas, elles reculent. La raison invoquée est prosaïque : les normes techniques censées aider les entreprises à s’y conformer ne sont pas prêtes, et beaucoup d’États membres n’ont même pas désigné leurs autorités de contrôle.

Il ne se passe donc rien le 2 août 2026 ?

Si, et c’est le point que presque personne ne relaie. Les obligations de transparence, elles, s’appliquent bien à cette date. Elles n’ont pas été reportées.

Concrètement, cela veut dire informer les personnes lorsqu’elles interagissent avec une intelligence artificielle plutôt qu’avec un humain, signaler les contenus manipulés qui pourraient tromper, et marquer les contenus générés par une machine. La Commission a d’ailleurs publié ses lignes directrices définitives sur ce point le 20 juillet 2026. C’est, à ce jour, le seul mode d’emploi abouti qu’elle ait produit.

Il existe un aménagement : les systèmes génératifs déjà sur le marché avant le 2 août disposent de quatre mois de plus, jusqu’au 2 décembre 2026, pour se mettre en conformité sur le marquage technique des contenus. Un système lancé après le 2 août, lui, doit s’y conformer immédiatement.

Suis-je concerné si je ne fais qu’utiliser l’IA ?

Probablement. La transparence ne vise pas que les éditeurs de modèles. Une entreprise qui met un agent conversationnel sur son site, qui publie des visuels générés, ou qui diffuse des textes d’information produits par une IA entre dans le champ. Il n’y a pas de seuil de taille qui vous en exonère.

C’est un renversement de perspective utile. Beaucoup de dirigeants se sont rassurés en se disant « nous ne faisons pas de l’IA à haut risque ». C’est peut-être vrai, et ça vient de leur faire gagner seize mois. Mais la transparence, elle, ne dépend pas du niveau de risque : elle dépend de ce que vos utilisateurs voient.

Ce que ce report ne vous accorde pas

Trois précisions, parce que le mot « report » invite à se rendormir.

Les nouvelles dates sont fermes. Le texte initial proposait de conditionner l’application à la disponibilité des normes techniques ; les colégislateurs ont retiré ce mécanisme au profit de dates fixes. Personne ne peut plus tabler sur un glissement automatique.

Aucune norme harmonisée n’est publiée à ce jour. Il n’existe donc aucun raccourci qui vous ferait présumer conforme parce que vous auriez appliqué un référentiel. Ceux qui vous vendent une conformité clé en main s’avancent beaucoup.

Enfin, le travail utile, lui, n’a pas de date. Savoir quels systèmes d’IA vous utilisez, pour quoi faire, à quel niveau de risque, et si vous êtes fournisseur ou simple déployeur : cette cartographie reste valable quel que soit le calendrier. C’est même exactement ce que ce report vous donne le temps de faire sereinement, au lieu de le faire dans l’urgence.

Si vous voulez savoir dans quelle case vous vous situez, et ce qui s’applique à vous dès la semaine prochaine, c’est le point de départ de toute mise en conformité. C’est le bon moment pour en parler.

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